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14 millions ! C’est le nombre de résultats que l’on trouve lorsque l’on fait une recherche en indiquant « neurosciences » comme mot-clé. Dès lors, difficile de passer à côté de ce nouveau pan de recherche tellement elles sont partout !  Qu’en est-il des neurosciences appliquées au domaine de l’éducation ?

Neuroscience

Les neurosciences regroupent l’ensemble des disciplines qui étudient le fonctionnement du cerveau humain. Leur essor grandissant est plus particulièrement à mettre en lien avec l’émergence de technologies d’imagerie cérébrale de plus en plus abouties qui nous permettent d’analyser l’activité cérébrale « en temps réel ». Grâce à la neuro-imagerie, on peut en effet observer quelles structures du cerveau s’activent lorsqu’un individu réalise une tâche donnée (parler, se souvenir d’un événement, courir…etc.). Plusieurs chercheurs se sont ainsi spécialisés dans les neurosciences de l’éducation et se sont intéressés à ce qu’il se passe dans le cerveau de nos élèves lorsque qu’ils sont en train d’apprendre et de traiter une information. Deux mécanismes importants ont été mis en évidence en ce qui concerne les apprentissages : le phénomène de plasticité cérébrale et l’importance de soutenir le développement des fonctions exécutives.

 La plasticité cérébrale

Pour mieux comprendre ce concept, une métaphore souvent utilisée par les chercheurs est celle du promeneur qui se balade dans la forêt. Lorsqu’il emprunte un sentier pour la première fois, celui-ci est peu accessible, plein de branchages et de végétation. Cela lui demande alors beaucoup de temps et d’efforts pour arriver au bout de sa randonnée. En revanche, plus il repasse par le même chemin, plus il sera facile de l’emprunter et d’arriver à sa destination finale. S’il ne l’emprunte plus pendant un certain laps de temps, la végétation reprend ses droits et le sentier redevient difficilement accessible.

Il en va de même pour les apprentissages : apprendre, c’est créer d’un point de vue anatomique de nouvelles connexions, des « sentiers » entre les neurones du cerveau.

Plus un apprentissage est répété de façons diverses et variées, plus cela renforce les connexions cérébrales et plus cela est facile de récupérer facilement et rapidement des informations à la demande. Si l’apprentissage n’est pas entretenu de façon régulière, les connexions entre les neurones s’affaiblissent, voire disparaissent et il devient plus difficile pour nos élèves de mémoriser, retrouver des informations.

Le rôle important des fonctions exécutives.

Comme un chef d’orchestre, les fonctions exécutives, généralement au nombre de quatre, sont l’ensemble des processus mentaux qui guident les comportements et permettent de s’adapter à des situations nouvelles. Elles se développent principalement durant les premières années de vie en parallèle du développement du cortex cérébral et arrivent à maturation à l’adolescence. Bien qu’elles ne fassent quasiment jamais l’objet d’un enseignement explicite, ces compétences sont pourtant excessivement sollicitées dans le contexte scolaire car elles permettent aux élèves d’organiser et de mémoriser leurs apprentissages.

Ainsi, la mémoire de travail permet de traiter une information immédiatement ; l’inhibition permet de faire abstraction des stimuli non pertinents et de se concentrer uniquement sur l’activité en cours ; la flexibilité mentale permet de changer de stratégie pour résoudre un exercice et enfin, la planification permet d’élaborer les différentes étapes nécessaires à la réalisation d’une tâche.

Appliquées au domaine de l’éducation, les neurosciences n’apportent finalement pas une nouvelle méthode d’apprentissage « clé en main » à appliquer dans nos classes.

Elles nous permettent en revanche un éclairage nouveau sur le fonctionnement du cerveau en insistant sur le rôle fondamental de la répétition dans les apprentissages et le développement des fonctions exécutives au quotidien.

En tant qu’enseignant, cela nous invite à repenser nos pratiques éducatives, à réajuster des méthodes d’enseignement déjà existantes ou créer de nouvelles stratégies d’apprentissage compatibles avec le fonctionnement du cerveau afin d’accompagner au mieux nos élèves.

 

Emeline Boursain

Logopède et neuropsychologue

 

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